Nos réponses aux carriers

 

Argument des entreprises

"L’exploitation se ferait par des entreprises locales pour des filières françaises." 

 

La réponse du collectif :

→ Imerys Filtration en quelques chiffres

  • 16 300 employés ;

  • 230 sites industriels ;

  • Présente dans 50 pays (États-Unis, Mexique, Chili, Pérou, France, Espagne, Chine…) ;

  • Exploitant de la plus grande carrière de diatomite au monde, située à Lompoc en Californie.

  • Capital de 4,4 Milliards d’euros 2019 dont 439 millions d’euros de Revenus Opérationnels Courant (ROC) ; 

→ Chemviron en quelques chiffres

  • Une compagnie de l’entreprise Kurraray  basée à Tokyo ;

  • 10 000 collaborateurs mondiaux, avec des filiales dans environ 30 pays ;

  • 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2019 ;

  • Capital de 89 billions de Yen (702 milliards d’euros)

Sources :  

IMERYS, https://www.imerys.com

KURARAY, https://kuraray.com

                                                                                                                                                                                                                      _____

Argument des entreprises

 

"Il n'existe pas de substitut à la diatomite."

La réponse du collectif :

Comme le précise le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans le "Mémento Diatomite" publié en 2018, les utilisateurs ont recherché activement dans le passé des produits de substitution à la diatomite en raison de la présence de silice libre cristalline dans les produits à base de diatomite, pouvant causer un problème sanitaire, ainsi que du fait de la difficulté de recyclage des produits de filtration à base de diatomite.

En fonction des filières, la diatomite peut, d'après le BRGM, être substituée par d’autres substances minérales :

  • Argiles absorbantes pour litières animales : attapulgite, bentonite, sépiolite, gypse, zéolite ;

  • Abrasifs : kaolin calciné, silice précipitée, corindon/émeri, diamant, feldspath, grenat, oxyde de fer (magnétite), syénite néphélinique, olivine, perlite, pierre ponce, sable siliceux, staurotide, carbure de silicium, ilménite, attapulgite, bentonite, kaolin, tourbe, pyrophyllite, sépiolite, talc, vermiculite, zéolite ;

  • Filtre à charbon actif : anthracite, cellulose, grenat, oxyde de fer (magnétite), perlite, ponce, sable siliceux, gel de silice, ilménite et système de filtration non minéral comme la filtration sous vide et la filtration à flux croisés ;

  • Remplisseur hydroxyde d’aluminium : barytine, carbonate de calcium, feldspath, kaolin, mica, syénite néphélinique, perlite, talc, silice microcristalline, farine de silice broyée et silice synthétique, wollastonite ;

  • Briques d’argiles isolantes thermiques et sonores, laine minérale : perlite expansée et vermiculite exfoliée.

Sources :

BRGM, http://www.mineralinfo.fr/sites/default/files/upload/documents/Mementos_RMI/2018_diatomite_rp-68326-fr.pdf

                                                                                                                                                                                                                      _____

Argument des entreprises

 

"La diatomite est destinée à des applications nobles, notamment dans le domaine pharmaceutique et biomédical."

La réponse du collectif :

Toujours dans le rapport public "Memento Diatomite" de 2018, le BRGM précise que les principaux débouchés sont les secteurs de l’agro-alimentaire, et les brasseries en particulier (filtration de la bière). Vient ensuite la production de ciment (30 %), où la diatomite est utilisée comme additif, suivi du secteur des charges minérales et fillers (15 %) utilisés dans de nombreuses applications comme la peinture, les plastiques ou les papiers. Les absorbants correspondent à 5 % des usages de la diatomite, notamment pour l'élimination de microbes et contaminants, tels que les bactéries, les protozoaires et les virus dans les systèmes d'eau publics.

 

Enfin, moins de 1 % des applications sont des usages de spécialité comprenant les utilisations pharmaceutiques et biomédicales.

Pour exemple local avec l'entreprise Chemviron qui exploite une partie de la carrière de Foufouilloux à Virargues, le premier marché de ses produits est la filtration du vin et de la bière, qui représenterait 75 % des usages. Cette application n'est pas indispensable, la plupart des bières locales produites sur notre territoire n'étant pas filtrées.

Sources :

BRGM, http://www.mineralinfo.fr/sites/default/files/upload/documents/Mementos_RMI/2018_diatomite_rp-68326-fr.pdf

                                                                                                                                                                                                                      _____

 

Argument des entreprises

 

"Nous n'allons exploiter que 10 ha sur 400."

La réponse du collectif :

C'est l'argument de la société Imérys.

Mais ils oublient de parler des 26ha supplémentaire dont ils auront besoin pour le stockage et le séchage. Auxquels il faut ajouter la surface des nouvelles voies de communication pour permettre aux camions de rejoindre l’usine de Murat.

Et lorsque Imerys sera là, Chemviron la seconde société propriétaire de 30ha voudra à son tour ouvrir sa propre carrière.

A minima ce sont donc au moins 70ha qui seront artificialisés en plein cœur de la zone humide. Par ailleurs, il est facile d’imaginer qu'un « trou » de 10 ha creusé sur près de 70 mètres de profondeur en plein cœur de la narse altère durablement tout l’équilibre subtil de cet espace. 


______________________________________________________________________________________________________

Argument des entreprises

"Les surfaces exploitées seront remises en état."

La réponse du collectif :

Suite à l'exploitation d’un espace naturel, un retour à l’origine du milieu est simplement impossible, en particulier lorsqu’il s’agit de zones humides, qui ont mis des milliers voire des millions d’années à s’installer.

 

Les fonctionnalités de ces milieux sont irréversiblement altérées, d’où une perte des services rendus aux habitants et à la collectivité, notamment sur la ressource en eau. De plus les espèces présentes, et notamment les espèces à enjeux, auront disparu, contribuant ainsi à l’effondrement généralisé de la biodiversité.

 

Les milieux exploités par des carrières constituent bien des surfaces artificialisées et altérées, et ce de façon durable.

De plus, pour ce qui serait de l'exploitation de la narse, il n'est pas prévu de rendre une zone humide en l'état, mais de créer un plan d'eau ! Ce genre d'aménagements a des conséquences désastreuses sur :

-    La qualité de l’eau : l’eau stagnant dans les plans d'eau, sa température augmente de façon importante notamment en période estivale, entrainant une eutrophisation (chargement en nutriments) et un apport de sédiments et de matière organique important ;
-    La quantité de l’eau : l’évaporation sur ce genre de pièce d’eau est importante. Des études ont montré qu’elle pouvait atteindre 1,8 L/s/ha en été. Pour un plan d'eau de 10 ha, comme il serait prévu sur Nouvialle, cela représente une évaporation incroyable de plus de 1,5 millions de litres par jours, et cela en période estivale, où l'eau manque de plus en plus dans les ruisseaux, les nappes phréatiques et les robinets !

Source :

Agence Française pour la Biodiversité - "Quels impacts des plans d’eau sur la ressource en eau et les milieux ?" - 2019

                                                                                                                                                                                                                      _____

 

Argument des entreprises

"Les carrières font l'objet de mesures compensatoires."

La réponse du collectif :

La compensation est ici une illusion !

Les mesures compensatoires issues de la démarche « Eviter-Réduire-Compenser » ne sont pas à la hauteur de l’ambition du texte de loi et ne permettent pas un retour concret de la biodiversité contrebalançant les effets des projets d’aménagements en France. C’est ce que précise l’étude publiée le 4 septembre 2019 par le Muséum National d’Histoire Naturelle, qui démontre que 80 % des mesures compensatoires sur de grands projets sont totalement insuffisantes.

Par ailleurs, les besoins croissants de terrains favorables à l’accueil des mesures compensatoires conduisent à mettre sous pressions les terres du monde agricole. C’est ainsi une « triple peine » qui s’exerce sur ces terrains :

(1) l’accueil des projets d’aménagement et (2) de leurs mesures compensatoires auquel s’ajoute (3) une pression foncière accentuée sur le territoire.

Sources :

Biodiversity offsetting:Certainty of the net loss but uncertainty of the net gain.Weissgerber. M, Roturier. S,Julliard. R, Guillet. F ; Biology Conservation, 2019

Sébastien Roussel, Léa Tardieu, Anne-Charlotte Vaissière. Compensation écologique et agriculture : Est-ce compatible ?. Revue Economique, Presses de Sciences Po, 2019, 9 (1), pp.2653. ff10.1038/s41598-018-37487-6ff. ffhal-02883564